La date de construction de la chaussée – résolu!

Un des articles le plus populaire sur ce blog est mon « Vieux Chemin de Louvain – à la recherche d’un chemin perdu » et la réponse à la question si elle menait vraiment à Leuven. Cet article fut aussi publié dans le bulletin de la Vallée de la Néthen (du Centre Culturel), et ça m’arrive que des gens commencent m’en parler spontanément dans le village.

Un point que j’avais abordé mais pas complètement argumenté, était la date de construction de la chaussée de Louvain. Un article écrit dans les années 1930 avait déclaré, sur base d’une source, que ceci avait été fait dans les années 1720. D’autres articles l’ont ensuite répété.

Sur base d’autres sources et sur base aussi de contexte économique et politique, j’avais toujours tenu que la construction s’est faite dans les années 1750, période de forte croissance pour les villes de Namur et Louvain qui pouvaient donc se permettre de financer un tel projet, tout comme d’autres projets (canal Leuven-Mechelen, …). La construction de voiries dans les années 1720 pouvait alors faire référence à la mise en place de « grandes allées » et « salons » dans la forêt de Meerdael par son propriétaire, le duc d’Arenberg.

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Le pont des sorcières

Merci à M Verhoyen pour l’idée … il m’a parlé de l’endroit dit « le pont des sorcières ». En réalité, elle n’a rien à faire avec des sorcières, et c’est plutôt un tunnel qu’un pont. Mais c’est une bonne excuse pour parler d’histoire et de nature ! Peut-être il y a parmis les lecteurs encore des gens qui se souviennent de ce nom, et savent en dire plus ? Car moi je n’ai pas rencontré des sorcières ici…

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On se trouve ici à Hamme-Mille, pile sur la frontière entre Beauvechain et Bierbeek, près (et en dessous) de la N25 chaussée de Louvain, près du écoduct. On se trouve, si vous venez de Leuven, juste au panneau qui annonce le territoire de Beauvechain.

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Nodebais – l’ancien et l’actuel rue de l’Etang

Peut-être vous vous souvenez quand j’ai parlé du « Vieux Chemin de Louvain » et s’il menait à Louvain, que j’ai postulé le suivant. Une rue qui arrive de façon oblique sur une grande chaussée, et qui continue sous le même angle de l’autre côté, existait vraisemblablement avant la construction de cette chaussée.

On avait ce cas avec la rue Marcelier qui continuait dans la rue Degueldre, avant la construction du nouveau quartier du Chabut, mais d’autres exemples existent dans notre commune et ailleurs.grabNDB

Je me suis longtemps demandé si la même chose s’appliquait sur le chemin de terre presqu’en face de la rue de l’Étang sur la chaussée de Namur à Nodebais. Ce chemin mène vers Bossut et Gottechain par les champs, et il n’y a peu de raison que ce chemin soit créé après la construction de la chaussée, pour desservir des champs. En plus, elle arrive un peu oblique sur la chaussée.

Heureusement, sur le Geoportail de la Wallonie j’ai trouvé une carte de 1948, qui indique une autre route pour la rue de l’Étang : elle arrive pile en face de ce chemin de terre déjà indiqué, et prend une courbe plus loin pour rejoindre l’actuel tracé au carrefour avec la Rue Draye.

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Après m’avoir renseigné auprès de Raymond Evrard, habitant de Nodebais, j’ai pu confirmer ceci. Il se souvient encore la construction de cette nouvelle route en 1954. Une des raisons fut de fluidifier le trafic entrant et sortant de Nodebais. Raymond donnait comme exemple le bus (remplaçant le tram) qui avait des difficultés à prendre cette courbe à l’actuel Ferme des Vignes et la maison. Surtout en hiver, avec des congères de neige à cause du vent, il n’était pas facile de passer.

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Vue de ce chemin de terre vers la Ferme des Vignes, au-delà de la chaussée de Namur

Raymond m’avait suggéré d’inspecter les dalles de beton, car selon lui on mettait souvent la date du coulage du beton avant que celui séchait. J’ai trouvé une date, juste avant la chicane, qui confirmait pile sa mémoire: 3-7-54. Ce n’est pas trop visible, la photo donne une meilleure impression que la réalité mais on peut retracer ces chiffres avec un doigt.

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En passant par là, une voisine (qui habite la maison de l’ancien marchand de fer) me racontait qu’elle avait entendu dire qu’il y a toujours un ancien puit en dessous du carrefour, la donc ou on a construit la nouvelle route entre les deux maisons.

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Vue de l’autre coté vers ce chemin de terre (les deux arbres), ou il avait d’entames donc un chemin creux.

La nouvelle route fut construite par l’ancienne commune de Nodebais, et sauf une petite trace dans l’égouttage de la chaussée (voir photo ci-dessous), il ne reste plus rien de l’ancien chemin. Raymond se souvenait quand même que l’expropriation ne fut pas si douloureuse pour le propriétaire : en échange il obtenait le terrain de l’ancien chemin, et donc ce fut un échange plus ou moins correct.

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Dernière trace de cette rue … un passage au dessus de l’égouttage qui n’a plus aucune utilité. Le chemin creux a été rempli.

Merci Raymond ! Le chemin de terre vers Bossut est donc plus ancien que la chaussée, et elle était vraisemblablement le moyen de transport principal entre Nodebais et Bossut.

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Et donc la « nouvelle » rue de l’Etang en sortant de Nodebais.

 

 

Il y a 125 ans, ouverture de la première ligne de tram désservant Hamme-Mille : Louvain-Hamme-Mille-Jodoigne

(Un article écrit par Jean-Luc Lecluse, habitant de Hamme-Mille. Cet article fut publié d’abord dans le Contact de la paroisse St Amand d’Hamme-Mille.)

Le bus 18 des TEC, bien connu de nos concitoyens, dessert aujourd’hui la ligne Leuven-Hamme-Mille-Jodoigne.

Auparavant, cette ligne était désservie par une ligne de tram vicinal passant comme quelques autres lignes  par la station tramways de Hamme-Mille (située à l’endroit de la gare des bus actuelle – cf. photo ci-dessous).

La gare à Hamme-Mille d’antan … vue vers l’est.

La SNCV fut créée en 1885. Elle délégua ses pouvoirs à des sociétés fermières. Dans ce système, les droits et devoirs des deux parties en présence étaient clairement délimités. La SNCV s’engageait à construire et à équiper les lignes. Les sociétés fermières s’occupaient ensuite de les exploiter.

En Brabant, est créée le 4 juin 1887, la Société anonyme pour l’exploitation des chemins de fer vicinaux (CFV) qui constitue, à partir de 1892, un réseau de lignes suburbaines autour de Louvain. Ces lignes sont construites à voie métrique.

Extrait d’une carte du réseau ferroviaire belge de 1904. Cliquez pour la carte complète.

Faisant partie de ces lignes suburbaines du réseau de Louvain, la ligne vicinale de tram Louvain-Hamme-Mille-Jodoigne portait le n° 311 et était donc concédée en exploitation « automotrices et vapeur ». Elle partait de Louvain, empruntait la chaussée à travers la forêt de Meerdael pour arriver à Hamme-Mille. Elle continuait ensuite vers Nodebais, Tourinnes, Beauvechain et La Bruyère. De là, elle regagnait à Mélin la chaussée vers Jodoigne.

Elle présentait la particularité d’avoir plusieurs tronçons communs avec d’autres lignes. Ainsi, la section entre Hamme-Mille et Beauvechain était commune avec la ligne Tervueren-Tirlemont exploitée par la même société. De même, le tronçon entre la gare et la porte de Namur à Louvain était, lui aussi, commun aux lignes Louvain-Jodoigne et Louvain-Tervueren.

 

Notre ligne 311 fut inaugurée le 7 décembre 1892 comme nous l’apprend l’extrait suivant du « Journal de Bruxelles – édition du 10 décembre 1892 – n°345 » :

« A Louvain (de notre correspondant) – Inauguration du tram vicinal de Louvain à Jodoigne. Louvain, 8 décembre

L’ouverture de la ligne vicinale de Louvain à Jodoigne s’est faite hier, sans grande solennité, du reste. Cette ligne, qui a une longueur totale de 30 kilomètres, est certainement appelée à rendre d’immenses services à plusieurs localités des arrondissements de Louvain et de Nivelles qui s’étaient trouvées jusqu’à cette heure dans de piètres conditions au point de vue des communications par voie ferrée.

Désormais, Hamme-Mille, Bauvechain, Melin, etc., auront leur chemin de fer, qui facilitera considérablement les relations de ces villages avec les centres de Louvain, Jodoigne et Nivelles ; l’agriculture surtout bénéficiera dans une large mesure de cette nouvelle ligne vicinale, à laquelle on peut, sans crainte de se tromper, prédire dès aujourd’hui un trafic aussi actif que celui qui alimente la ligne Wavre-Jodoigne. »

Cette ligne, la 2e en Brabant wallon (après celle de Wavre-Jodoigne mise en service progressivement de 1887 à 1889),  fut effectivement exploitée de 1892 à 1953.

Dans une région principalement agricole et dédiée particulièrement au commerce du sucre, le réseau vicinal eut à transporter principalement les betteraves destinées aux sucreries et, une fois le travail de raffinage accompli, de renvoyer les pulpes, destinées à nourrir le bétail, aux fermiers. Le réseau vicinal a joué un rôle prépondérant dans l’économie de la région. On estime le transport de marchandises à 40% du trafic total, dès sa création et ce, jusqu’à la première guerre mondiale.

Par la suite, l’activité vicinale se consacra de plus en plus au transport des voyageurs avant de péricliter en raison de la concurrence de la route.

Extrait d’une carte du réseau ferroviaire belge de 1934. Cliquez pour la carte complète.

En 1920, les lignes urbaines et suburbaines sont intégrées à la société nationale des chemins de fer vicinaux (SNCV). La SNCV va ensuite électrifier en partie des lignes suburbaines entre 1932 et 1953.

Jean-Luc Lecluse

 

Autres sources :

  • Marc Deconinck, Le tram à Beauvechain, Nétradyle (1994)
  • René Demoulin, Le tram à Hamme-Mille, Nétradyle (1994)
  • Trickels Anne-Marie, 125 ans de Transports en commun en Wallonie – sociétés, réseaux, matériel roulant (1996)

N’oubliez pas nos autres articles sur ce blog concernant le tram, avec notamment des vidéos (ici et ici) en survolant le tracé.

Précision sur la vue aérienne de Tourinnes

Il y a deux ans, nous vous avons parlé du début du projet de la Maison de Mémoire à Tourinnes. Cet article a été illustré entre autre par une photo aérienne qu’on pensait de la fin des années soixante. Martial Decoster, qui nous avait fourni ce photo, vient de nous préciser que cette photo date du 8 mars 1970. Encore une fois merci pour la permission de publier cette photo!

Vue aérienne de Tourinnes-La-Grosse, le 8 mars 1970. Publié avec permission.

Par ailleurs, voici deux autre vues de la même série: