Il y a 125 ans, ouverture de la première ligne de tram désservant Hamme-Mille : Louvain-Hamme-Mille-Jodoigne

(Un article écrit par Jean-Luc Lecluse, habitant de Hamme-Mille. Cet article fut publié d’abord dans le Contact de la paroisse St Amand d’Hamme-Mille.)

Le bus 18 des TEC, bien connu de nos concitoyens, dessert aujourd’hui la ligne Leuven-Hamme-Mille-Jodoigne.

Auparavant, cette ligne était désservie par une ligne de tram vicinal passant comme quelques autres lignes  par la station tramways de Hamme-Mille (située à l’endroit de la gare des bus actuelle – cf. photo ci-dessous).

La gare à Hamme-Mille d’antan … vue vers l’est.

La SNCV fut créée en 1885. Elle délégua ses pouvoirs à des sociétés fermières. Dans ce système, les droits et devoirs des deux parties en présence étaient clairement délimités. La SNCV s’engageait à construire et à équiper les lignes. Les sociétés fermières s’occupaient ensuite de les exploiter.

En Brabant, est créée le 4 juin 1887, la Société anonyme pour l’exploitation des chemins de fer vicinaux (CFV) qui constitue, à partir de 1892, un réseau de lignes suburbaines autour de Louvain. Ces lignes sont construites à voie métrique.

Extrait d’une carte du réseau ferroviaire belge de 1904. Cliquez pour la carte complète.

Faisant partie de ces lignes suburbaines du réseau de Louvain, la ligne vicinale de tram Louvain-Hamme-Mille-Jodoigne portait le n° 311 et était donc concédée en exploitation « automotrices et vapeur ». Elle partait de Louvain, empruntait la chaussée à travers la forêt de Meerdael pour arriver à Hamme-Mille. Elle continuait ensuite vers Nodebais, Tourinnes, Beauvechain et La Bruyère. De là, elle regagnait à Mélin la chaussée vers Jodoigne.

Elle présentait la particularité d’avoir plusieurs tronçons communs avec d’autres lignes. Ainsi, la section entre Hamme-Mille et Beauvechain était commune avec la ligne Tervueren-Tirlemont exploitée par la même société. De même, le tronçon entre la gare et la porte de Namur à Louvain était, lui aussi, commun aux lignes Louvain-Jodoigne et Louvain-Tervueren.

 

Notre ligne 311 fut inaugurée le 7 décembre 1892 comme nous l’apprend l’extrait suivant du « Journal de Bruxelles – édition du 10 décembre 1892 – n°345 » :

« A Louvain (de notre correspondant) – Inauguration du tram vicinal de Louvain à Jodoigne. Louvain, 8 décembre

L’ouverture de la ligne vicinale de Louvain à Jodoigne s’est faite hier, sans grande solennité, du reste. Cette ligne, qui a une longueur totale de 30 kilomètres, est certainement appelée à rendre d’immenses services à plusieurs localités des arrondissements de Louvain et de Nivelles qui s’étaient trouvées jusqu’à cette heure dans de piètres conditions au point de vue des communications par voie ferrée.

Désormais, Hamme-Mille, Bauvechain, Melin, etc., auront leur chemin de fer, qui facilitera considérablement les relations de ces villages avec les centres de Louvain, Jodoigne et Nivelles ; l’agriculture surtout bénéficiera dans une large mesure de cette nouvelle ligne vicinale, à laquelle on peut, sans crainte de se tromper, prédire dès aujourd’hui un trafic aussi actif que celui qui alimente la ligne Wavre-Jodoigne. »

Cette ligne, la 2e en Brabant wallon (après celle de Wavre-Jodoigne mise en service progressivement de 1887 à 1889),  fut effectivement exploitée de 1892 à 1953.

Dans une région principalement agricole et dédiée particulièrement au commerce du sucre, le réseau vicinal eut à transporter principalement les betteraves destinées aux sucreries et, une fois le travail de raffinage accompli, de renvoyer les pulpes, destinées à nourrir le bétail, aux fermiers. Le réseau vicinal a joué un rôle prépondérant dans l’économie de la région. On estime le transport de marchandises à 40% du trafic total, dès sa création et ce, jusqu’à la première guerre mondiale.

Par la suite, l’activité vicinale se consacra de plus en plus au transport des voyageurs avant de péricliter en raison de la concurrence de la route.

Extrait d’une carte du réseau ferroviaire belge de 1934. Cliquez pour la carte complète.

En 1920, les lignes urbaines et suburbaines sont intégrées à la société nationale des chemins de fer vicinaux (SNCV). La SNCV va ensuite électrifier en partie des lignes suburbaines entre 1932 et 1953.

Jean-Luc Lecluse

 

Autres sources :

  • Marc Deconinck, Le tram à Beauvechain, Nétradyle (1994)
  • René Demoulin, Le tram à Hamme-Mille, Nétradyle (1994)
  • Trickels Anne-Marie, 125 ans de Transports en commun en Wallonie – sociétés, réseaux, matériel roulant (1996)

N’oubliez pas nos autres articles sur ce blog concernant le tram, avec notamment des vidéos (ici et ici) en survolant le tracé.

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